L’histoire de Luingne

Le « couvent Saint-Charles » de Luingne a fêté ses 150 ans en 2004!

Devant le développement de l’école, Flavie Denoulet du couvent Saint-Charles, la directrice de la maison-mère à Dottignies, décide de faire bâtir un couvent à Luingne.

C’est probablement l’architecte Croquison de Courtrai, en rapport avec le curé de l’époque Marhem, qui sera l’auteur des plans de cet établissement. La première pierre fut posée le 3 juin 1854 et le 21 juin 1855, les trois sœurs de Saint-Charles (Scolastique, Clotilde, Véronique) quittent leur « petite et vieille chaumière » pour s’installer dans un couvent neuf en compagnie de Marie-Thérèse Stock et de sa fille Flavie Denoulet.
Ce premier bâtiment se composait d’une chapelle au centre et faisant saillie sur les deux ailes dont elle est flanquée. Le tout est construit en retrait de la rue Curiale. L’aile gauche, en entrant, servait de classes et comprenait en plus une salle de récréation tandis que l’aile droite abritait les locaux nécessaires à la vie de la communauté.
La chapelle est bénie le 31 août 1856 par Monseigneur Malou, évêque de Bruges

Une sixième sœur arrive en 1866, et c’est sans doute à partir de l’année 1869 que le pensionnat acquit une certaine amplitude. Très méthodiquement Mère Scolastique, directrice, se mit à l’œuvre pour accepter quelques filles dans son dortoir. Petit à petit, les premières élèves internes ont ainsi été inscrites.

Vers 1870, Mère Scolastique ordonne d’exhausser le couvent d’un étage pour y aménager encore deux classes.

De 1884 à 1887, les pensionnaires sont plus de cinquante dont l’âge doit varier entre quatre et seize ans. L’uniforme est de rigueur. Tous les jeudis après-midi, les internes partaient en promenade.

En 1898, Mère Célestine, nouvelle directrice, fait ajouter une classe gardienne, primaire et un dortoir..

Vers 1908, le prix de la pension était de 300 F, la demi-pension de 180 F ( 210 F pour celles qui restent les samedis et dimanches).

La construction de 4 classes fut mise en chantier à côté, rue Curiale. En 1908, le 1er mars, le nouvel ensemble sera destiné aux filles externes de l’école.

L’internat Saint-Charles avec plus de 100 pensionnaires à l’époque peut ainsi conserver pour elles seules les 4 anciennes classes délaissées par les externes.

A partir de cette année 1908, les deux sections sont totalement séparées et disposent chacune d’une cour de récréation propre : la « cour haute » et la « cour basse ». Seul l’internat reste payant.

Bientôt la renommée du sérieux de cet internat s’étendit : il accueillit nombre de Françaises et gagna la Flandre qui fournit peu à peu beaucoup de pensionnaires.

Après 1940, des laïques remplaceront les religieuses.

n 1935-36, la partie du bâtiment pignon à rue de l’aile gauche, construite vers 1870 et rehaussée en 1898 est rasée et totalement rebâtie tel qu’on peut le voir actuellement.

 

Après 1940, 4 classes sont conservées dans le couvent : 5e-6e primaires, 1ère commerciale, 2e commerciale et la classe des 3e et 4e commerciales.

En 1953, la communauté religieuse de St-Charles à Luingne compte dix-huit sœurs dont 9 sont désignées pour enseigner.

Vers 1948, les classes, le sous-sol, le chauffage et l’électricité sont tous modernisés sur les conseils de Mère Marie-Pascal qui dirige l’institution.

En juillet 1954 commence la rénovation de la façade : la rosace fera place à un trio de fenêtres.

Durant la décennie (1957 à 67) l’adaptation des locaux vétustes aux exigences modernes se poursuit avec Mère Thérèse-Corridor, réfectoire, escalier, dortoir, salle de jeux sont remis à neuf et un hall d’entrée remplace le vieux parloir.

 

L’agrandissement du couvent s’impose. Il se réalisera en 2 étapes. D’abord en 1959-61, on construit un rez-de-chaussée et un 1er étage en prolongement du bâtiment de 1935-36 car le cycle supérieur technique commercial est ouvert le 1er septembre 1959 puis agréé et subventionné en 1963.

La seconde phase des travaux consiste à rehausser ce nouveau quartier en y ajoutant un second et un 3e étage – elle sera exécutée de 1965 à 1967.

Le 1er septembre 1968, le cycle secrétariat-langues est créé, il est agréé en 1971.
La chapelle est désaffectée en 1970 et se transformera en salle de gymnastique.
Vers 1980, le « rénové » et la mixité amènent une nouvelle orientation à l’institut. Sœur Catherine-Marie, dernière directrice en fonction pour Luingne, négociera ce virage des mentalités et des programmes avec prévoyance, tact et fermeté.

En 1981, pour des raisons principalement économiques, les deux « Saint-Charles », Luingne et Dottignies, décident de fusionner leurs implantations. Dottignies étant l’école la plus importante, absorbe Luingne. Depuis lors, il n’y a plus qu’un seul Institut Saint-Charles, comptant deux implantations.